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Gestion Roulez Éco

déclarer les prix de sa station-service

Le portail où l’on déclare ses prix n’est pas celui que consultent les automobilistes. Où ouvrir son accès, que déclarer, à quel rythme, et comment récupérer la donnée publiée.

Station-service moderne vue depuis l’avant-cour, pompes alignées sous un long auvent blanc.
Réponse rapide

« Gestion Roulez Éco » désigne l’espace d’administration réservé aux exploitants de points de vente de carburants, distinct du site public de consultation des prix. On y inscrit sa station, on y déclare ses prix — immédiatement ou à une date programmée — ainsi que les ruptures de stock et les fermetures. L’obligation vise les gérants ayant vendu au moins 500 mètres cubes de carburants dans l’année, et son respect est contrôlé par la DGCCRF.

  • Deux sites à ne pas confondre : la consultation grand public d’un côté, l’espace de gestion et ses identifiants de l’autre.
  • Seuil d’assujettissement : 500 mètres cubes vendus dans l’année, soit 500 000 litres, tous carburants concernés confondus.
  • Rythme : mise à jour dès qu’un prix change, avec possibilité de programmer la modification à l’avance.
  • Retour sur investissement : la donnée déclarée est republiée en open data et sert de veille tarifaire gratuite.

Le bon portail, et tout ce qui lui ressemble

La requête « gestion roulez eco » mène rarement du premier coup au bon endroit, parce que trois univers sans rapport se partagent les mêmes mots. Le service que cherche un exploitant est un portail d’administration protégé par identifiants, qui n’a rien à voir avec la carte des prix consultée par les automobilistes ni avec les contenus d’éco-conduite qui monopolisent l’expression.

Le nom du service public a évolué au fil des années, et l’adresse historique en roulez-eco a suivi un chemin différent selon qu’il s’agit de la consultation ou de la gestion. D’où un conseil qui n’a rien de trivial : au moment de vous connecter, vérifiez l’adresse plutôt que de suivre un marque-page transmis par un prédécesseur.

Côté public

La consultation des prix

Le site prix-carburants.gouv.fr affiche une carte des points de vente et les prix pratiqués. C’est ce que voient vos clients, et l’espace « favoris » qu’on y trouve permet d’enregistrer des stations préférées — rien à voir avec un compte de gérant.

Côté exploitant

L’espace de gestion

Un portail distinct, réservé aux gérants et aux réseaux, avec ses propres identifiants. C’est là que l’on inscrit un point de vente, que l’on saisit les prix et que l’on signale ruptures et fermetures.

Fausses pistes

Les homonymes

Une société immatriculée sous une raison sociale voisine, et une masse de contenus sur la conduite économique. Si votre recherche vous mène à des conseils pour lever le pied à l’approche d’un rond-point, vous êtes au mauvais endroit.

Qui doit déclarer, et sur quels carburants

L’obligation ne vise pas tous les points de vente. Elle s’applique aux gérants ayant vendu au moins 500 mètres cubes de carburants sur l’année. Le repère utile pour se situer : un mètre cube vaut mille litres, le seuil correspond donc à 500 000 litres écoulés, tous produits concernés additionnés — un volume que l’on lit dans les données de vente annuelles du point de vente, pas au jugé.

Les carburants pris en compte sont limitativement énumérés : SP95, SP95-E10, gazole, E85, GPLc et SP98. Un point de vente qui en distribue plusieurs les déclare tous, pas seulement le plus vendu.

Le cadre tient à un arrêté du 12 décembre 2006, modifié par un arrêté du 7 avril 2009. Les deux textes sont consultables sur Légifrance, et c’est à eux qu’il faut revenir pour trancher une situation particulière — station d’autoroute, point de vente saisonnier, installation réservée à une flotte. Ces cas ne se règlent pas par analogie avec la station du bourg voisin.

La déclaration, enfin, ne se limite pas au prix affiché à la pompe. Le système d’information contient aussi la fiche du point de vente et les événements qui affectent la disponibilité des produits.

Information déclaréeDiffusée en réutilisationPrécision
Prix des carburants distribuésOuiMis à jour dès qu’un prix change
Adresse et coordonnées géographiquesOuiSert au positionnement sur la carte publique
Horaires et services du point de venteOuiÀ tenir à jour comme les prix
Ruptures de stockOuiÉvite d’afficher un prix sur un produit absent
Fermetures temporaires ou définitivesOuiTravaux de quelques jours comme arrêt définitif
Nom commercial et marque de la stationNonExplicitement exclus des données republiées

Ouvrir son accès

inscription et identifiants

Un point de vente doit être inscrit avant toute chose, et l’inscription conditionne l’accès au portail. Trois voies coexistent : un formulaire en ligne depuis la page d’accueil de l’espace de gestion, un dossier papier à télécharger et retourner par voie postale, et une inscription groupée réservée aux réseaux, au moyen d’un fichier tableur transmis au support du service à l’adresse support@prix-carburants.fr.

  1. Vérifier si le point de vente est déjà inscrit

    Une station en activité l’est presque toujours. Créer une seconde fiche produirait un doublon dans les données publiées, avec deux prix concurrents pour la même adresse.

  2. Choisir la voie d’inscription

    Formulaire en ligne pour un point de vente isolé, voie postale si le dossier doit accompagner d’autres pièces, inscription groupée par fichier tableur pour un réseau qui déclare plusieurs stations.

  3. Demander le bon profil

    Exploitant individuel ou réseau partenaire : les identifiants délivrés ne sont pas les mêmes et ne s’utilisent pas de la même façon. Se tromper à ce stade fait perdre plusieurs jours.

  4. Anticiper le délai de traitement

    Il n’est pas publié. La conséquence pratique est simple : engagez la démarche en amont de l’ouverture ou de la reprise, sans attendre le premier changement de prix à déclarer.

  5. Sécuriser les identifiants dès réception

    Consignez-les là où sont rangés les accès de l’entreprise, et faites en sorte qu’au moins deux personnes autorisées puissent s’en servir. Un code connu d’une seule personne bloque la déclaration dès la première absence.

Compte exploitant ou accès réseau

Le portail distingue deux profils, et les identifiants ne se ressemblent pas. Un exploitant individuel se connecte avec un identifiant et un code PIN : une station, un compte, une personne responsable de la saisie. Un réseau partenaire dispose d’un identifiant et d’une clé, pensés pour une remontée automatisée depuis un système central, ce qui permet à une tête de réseau de piloter des dizaines de points de vente sans passer par une saisie manuelle station par station.

Un indépendant qui demande un accès réseau se retrouve donc avec des identifiants inutilisables pour ce qu’il veut faire. Le choix se fait à l’inscription, il ne se corrige pas d’un clic.

Reprise d’un point de vente déjà déclaré

C’est la situation la plus courante et la moins documentée. La démarche consiste à faire rattacher le point de vente existant au nouvel exploitant, en passant par la fonction de récupération d’identifiants si les codes n’ont pas été transmis, ou par le support du service.

À inscrire dans les formalités de reprise

Le transfert de l’accès de gestion se traite comme les contrats d’approvisionnement : au moment de la cession, pas après. Le prédécesseur part souvent avec le code PIN dans un tiroir, et la station se retrouve avec des prix en ligne que personne ne peut plus modifier.

Tenir la déclaration au quotidien

La règle est courte : les prix doivent être mis à jour dès qu’ils font l’objet d’un changement. Pas à la fin de la semaine, pas au prochain passage du comptable.

L’espace de gestion permet deux gestes distincts. La modification instantanée publie le nouveau prix immédiatement. La modification programmée enregistre à l’avance un changement pour une date et une heure données.

Le geste qui change l’organisation

Un ajustement décidé le vendredi pour le lundi matin se saisit le vendredi. La déclaration cesse alors de dépendre de la présence d’une personne précise à l’ouverture, ce qui est le point de rupture le plus fréquent dans un point de vente à petite équipe.

Les ruptures de stock relèvent de la même logique. Un carburant indisponible signalé évite les déplacements inutiles et les tensions au comptoir ; un carburant indisponible non signalé laisse un prix affiché sur un produit que vous n’avez pas. Les fermetures se déclarent de la même façon, qu’il s’agisse de travaux de quelques jours ou d’un arrêt définitif.

Reste l’organisation interne. Rattacher la saisie au geste qui la déclenche fonctionne mieux que n’importe quel rappel d’agenda : on change l’affichage sur le totem, on saisit dans la foulée. Un guide utilisateur au format PDF, une foire aux questions et une assistance téléphonique dont le numéro figure sur la page d’accueil du portail complètent le dispositif.

Ce que risque un point de vente qui ne déclare pas

Le contrôle relève de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Le manquement à l’obligation de déclaration est passible d’une amende, dont le montant se vérifie dans le texte en vigueur ou auprès des services compétents.

Un point mérite d’être posé nettement, parce que la section précédente peut prêter à confusion : l’obligation pèse sur le gérant du point de vente. Partager les identifiants entre plusieurs personnes est une bonne pratique d’organisation, cela ne partage pas la responsabilité. Déléguer la saisie ne déplace pas le manquement.

Deux situations se distinguent par ailleurs. L’absence pure d’inscription d’un point de vente assujetti est un manquement caractérisé. Un prix laissé en ligne alors qu’il a changé la veille relève de la même obligation, la mise à jour faisant partie intégrante de la déclaration, mais s’explique et se corrige immédiatement.

Il existe enfin une sanction non réglementaire, plus immédiate. Les prix publiés sont visibles de tous, comparateurs et applications mobiles compris. Un point de vente dont les données sont périmées apparaît plus cher qu’il ne l’est, ou attire des automobilistes qui repartent mécontents. Dans les deux cas, c’est du chiffre d’affaires perdu sans qu’aucun contrôle n’ait eu lieu.

Retourner l’obligation en outil de gestion

C’est l’aspect que l’on explique rarement aux exploitants : la donnée déclarée revient, et elle est réutilisable. L’ensemble des informations collectées est publié en open data sous licence ouverte, ce qui en autorise la réutilisation, y compris à titre commercial. Trois cadences coexistent.

Flux instantané

Actualisé toutes les dix minutes

L’état courant du système d’information. Utile à qui veut réagir dans la journée, mais suppose un traitement automatisé : personne ne télécharge un fichier toutes les dix minutes à la main.

Flux quotidien

Les trente derniers jours

Publié en début de matinée pour la journée précédente. C’est le format adapté à un exploitant qui veut suivre les prix pratiqués autour de lui sans monter d’infrastructure.

Archives annuelles

Depuis 2007

De quoi regarder ce qu’a donné une politique tarifaire sur une saison entière, ou comparer deux années, au lieu de raisonner au souvenir.

Une précision technique avant de s’y mettre : les fichiers sont diffusés au format XML compressé. Ils ne s’ouvrent pas directement dans un tableur, une conversion préalable est nécessaire. Pour une consultation ponctuelle, quelques outils gratuits suffisent à transformer le fichier en tableau lisible ; pour un suivi régulier, mieux vaut confier l’automatisation à quelqu’un dont c’est le métier, une fois, plutôt que de refaire la manipulation chaque semaine.

Une limite à connaître avant de bâtir un tableau de bord dessus : les données identifient des points de vente, pas des enseignes. Vous saurez qu’une station située à trois kilomètres a bougé son prix du gazole, sans que le fichier vous dise sous quelle marque elle opère. Le recoupement passe par la géolocalisation, quitte à identifier une fois pour toutes les adresses qui vous intéressent.

Roulez Éco existe-t-il encore ?

Le service de consultation grand public se trouve aujourd’hui sur prix-carburants.gouv.fr. Le nom Roulez Éco subsiste du côté de l’espace de gestion réservé aux exploitants, qui répond sur un sous-domaine de ce nom de domaine historique. Les deux ne servent pas au même usage : l’un affiche les prix aux automobilistes, l’autre permet de les déclarer.

Mon point de vente est-il obligé de déclarer ses prix ?

L’obligation s’applique aux gérants de points de vente ayant vendu au moins 500 mètres cubes de carburants sur l’année, pour les produits énumérés par les textes : SP95, SP95-E10, gazole, E85, GPLc et SP98. Le cadre tient à un arrêté du 12 décembre 2006, modifié en avril 2009. Pour un cas particulier — station saisonnière, installation réservée à une flotte, point de vente autoroutier —, la réponse se lit dans les textes eux-mêmes, consultables sur Légifrance.

Comment obtenir un identifiant et un code de gestion ?

Par une inscription du point de vente, réalisable en ligne depuis la page d’accueil de l’espace de gestion, par voie postale avec un formulaire à télécharger, ou de façon groupée pour les réseaux qui déclarent plusieurs stations. Un exploitant individuel reçoit un identifiant et un code PIN ; un réseau partenaire dispose d’un identifiant et d’une clé destinée à une remontée automatisée.

À quelle fréquence faut-il mettre à jour ses prix ?

Dès qu’un prix change. Il n’existe pas de périodicité fixe qui permettrait de regrouper les saisies en fin de semaine : la mise à jour fait partie de l’obligation déclarative. La fonction de modification programmée permet d’anticiper un changement en l’enregistrant à l’avance pour une date et une heure données.

Que faire quand on reprend une station déjà inscrite ?

Ne pas créer un second point de vente, sous peine de générer un doublon dans les données publiées. Le point de vente existant doit être rattaché au nouvel exploitant : passez par la récupération d’identifiants si les codes n’ont pas été transmis, ou par le support du service.

Le nom de ma station est-il publié ?

Non. Les données diffusées en réutilisation décrivent un point de vente — adresse, coordonnées géographiques, horaires, services, prix, ruptures et fermetures — mais excluent le nom et la marque de la station. C’est aussi ce qui explique qu’un fichier open data ne permette pas d’isoler directement les prix d’une enseigne.

Une obligation déclarative qui prend deux minutes par changement de prix finit par coûter cher le jour où plus personne dans l’équipe ne sait où se trouvent les identifiants.