freelance tjm
Comprendre le Taux Journalier Moyen, le calculer avec une méthode claire, et le fixer sans se sous-vendre.
Le TJM (Taux Journalier Moyen) est le tarif qu’un freelance facture pour une journée de travail. Il doit couvrir bien plus qu’un salaire : charges, congés, périodes creuses et frais. On le calcule à partir du revenu net visé, pas de l’ancien salaire.
- TJM ≠ salaire : il finance aussi cotisations, congés et jours non facturables.
- La bonne méthode : partir du revenu net cible, remonter au chiffre d’affaires nécessaire.
- Jours facturables : compter 60 à 80 % des jours ouvrés, pas 100 %.
- Se situer : confronter son TJM au marché selon métier et séniorité.
Il y a une question qui paralyse à peu près tous les freelances qui débutent : « combien je facture par jour ? ». Trop bas, on s’épuise pour un revenu décevant ; trop haut, on a peur de faire fuir les clients. Au cœur de cette question, il y a un chiffre : le TJM, ou Taux Journalier Moyen. C’est le tarif d’une journée de travail facturée, et c’est la brique de base de tous vos devis.
Qu’est-ce que le TJM d’un freelance ?
Le TJM, c’est le montant que vous facturez pour une journée de prestation. Quand un client vous demande un devis pour une mission de dix jours, vous multipliez votre TJM par dix. C’est donc un chiffre central : il conditionne vos revenus, mais aussi votre positionnement. Un TJM très bas envoie, qu’on le veuille ou non, un signal sur la valeur perçue de votre travail.
Le point crucial à comprendre, c’est que le TJM n’est pas un salaire. Quand vous étiez salarié, votre employeur payait, en plus de votre salaire net, les cotisations patronales, vos congés, vos jours fériés, votre matériel, votre formation. En freelance, tout cela, c’est votre TJM qui doit le couvrir. Le voir comme un simple « salaire journalier » est la première erreur à éviter.
TJM, taux horaire et forfait
quelles différences
Le TJM raisonne à la journée ; le taux horaire, à l’heure (utile pour les petites interventions) ; le forfait, à la mission globale (un prix fixe pour un livrable défini). La plupart des freelances du conseil, du développement ou de la création raisonnent en TJM, car la journée est l’unité de travail naturelle. Le forfait, lui, reste pertinent quand le périmètre est très clair — mais il se calcule, là encore, en estimant un nombre de jours multiplié par votre TJM.
Pourquoi le TJM est presque toujours sous-estimé
L’erreur la plus répandue consiste à caler son TJM sur son ancien salaire journalier. « Je gagnais 3 000 € net par mois, soit environ 140 € par jour sur 21 jours, donc je facture 150 € pour avoir une petite marge. » C’est un calcul qui mène droit à l’épuisement, car il ignore deux réalités.
Première réalité : les jours non facturables. En freelance, vous ne facturez pas tous les jours travaillés. Prospecter, répondre à des appels d’offres, faire votre administratif, vous former, gérer votre comptabilité : tout cela prend du temps et ne se facture pas. À cela s’ajoutent vos congés, les jours fériés et les éventuels arrêts maladie, qui ne sont plus payés par personne.
Seconde réalité : les charges invisibles. Vos cotisations sociales, votre matériel, vos logiciels, votre assurance professionnelle, votre expert-comptable, votre mutuelle : autant de dépenses que le salariat masquait et qui pèsent désormais sur votre seul TJM.
Diviser son salaire annuel souhaité par 218 jours ouvrés donne un chiffre rassurant mais faux : vous ne facturerez jamais 218 jours, et ce calcul oublie totalement les charges. Le bon raisonnement part du revenu net visé, puis remonte vers le chiffre d’affaires nécessaire.
Comment calculer son TJM
la méthode
Voici une méthode en cinq étapes pour poser un TJM solide plutôt qu’un chiffre au doigt mouillé.
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Définir son revenu net annuel cible
Combien voulez-vous toucher, dans votre poche, sur l’année ? C’est votre point de départ.
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Ajouter les charges sociales et fiscales
Une part importante du chiffre d’affaires part en cotisations et impôts : visez un CA nettement supérieur à votre revenu net cible.
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Ajouter les frais professionnels annuels
Matériel, logiciels, assurance, comptable, déplacements, formation : additionnez-les sur l’année.
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Estimer les jours réellement facturables
Partez des jours ouvrés, retirez congés et jours non facturables (prospection, administratif).
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Diviser pour obtenir le TJM
TJM = (chiffre d’affaires nécessaire + frais annuels) ÷ nombre de jours facturables.
Prenons un exemple volontairement simplifié, en ordres de grandeur. Vous visez 30 000 € net par an. Après charges, supposons qu’il vous faille réaliser environ 45 000 € de chiffre d’affaires. Ajoutez 5 000 € de frais annuels : il vous faut donc « produire » 50 000 €. Si vous estimez 150 jours facturables dans l’année, votre TJM s’établit autour de 333 €. Ce n’est pas un tarif de référence — juste une démonstration de la mécanique. Vos propres chiffres donneront un résultat différent, et c’est normal.
Combien de jours facturables dans une année ?
C’est l’étape que tout le monde sous-estime. Une année compte 365 jours, mais le nombre de jours que vous pouvez réellement facturer est bien plus faible. Retirez les week-ends (environ 104 jours), les jours fériés, vos congés (comptez au moins quatre à cinq semaines, vous y avez droit aussi), et vous tombez autour de 200 à 220 jours ouvrés.
Mais tous ces jours ouvrés ne sont pas facturables. Une partie sert à la prospection, à l’administratif, à la formation. Selon les métiers et la maturité de l’activité, on facture souvent entre 60 % et 80 % de ses jours ouvrés. Viser 100 % d’occupation est irréaliste et conduit à fixer un TJM trop bas. Mieux vaut retenir un nombre de jours facturables prudent : si vous facturez plus que prévu, c’est tant mieux ; l’inverse fait mal.
Fixer et ajuster son TJM dans la vraie vie
La méthode vous donne un plancher : le TJM en dessous duquel vous travaillez à perte. Reste à le confronter au marché. Renseignez-vous sur les fourchettes pratiquées dans votre métier, selon votre séniorité, votre région et le secteur de vos clients. Un même profil ne se facture pas pareil pour une start-up ou pour un grand groupe.
Augmenter son TJM fait partie du métier. On le fait en général à l’occasion d’une nouvelle mission, quand on a gagné en expérience, en spécialisation ou en demande. Annoncer une hausse à un client existant est plus délicat, mais légitime : votre valeur progresse avec le temps.
Se construire
On facture moins le temps de bâtir une réputation et des références solides.
Se positionner
L’expérience et la spécialisation justifient un TJM dans la moyenne haute du métier.
Valoriser l’expertise
Un profil recherché facture le haut de la fourchette, porté par sa rareté.
En négociation, retenez un principe : affichez un TJM clair, et si vous devez faire un geste, jouez sur les conditions (volume, délais de paiement, périmètre) plutôt que de casser votre prix. Un TJM qu’on brade est très difficile à remonter ensuite, car il devient la nouvelle référence dans l’esprit du client. Ces fourchettes varient fortement selon le métier et le secteur : ce guide vous donne une méthode, pas un tarif.
À retenir avant de fixer son TJM
Le TJM n’est pas un salaire déguisé : c’est le prix qui finance toute votre activité, charges et temps non facturé compris. Partez de ce que vous voulez gagner, remontez honnêtement vers le chiffre d’affaires nécessaire, comptez vos jours facturables sans optimisme excessif, puis confrontez le résultat au marché. Un TJM bien posé vous protège de l’épuisement autant qu’il soutient votre crédibilité.
Qu’est-ce que le TJM d’un freelance ?
Le TJM, ou Taux Journalier Moyen, est le tarif qu’un freelance facture pour une journée de prestation. Il sert de base à tous les devis et doit couvrir non seulement le revenu du freelance, mais aussi ses charges, ses congés et ses périodes sans mission.
Comment calculer son TJM simplement ?
Partez du revenu net annuel que vous visez, ajoutez vos charges sociales et fiscales pour obtenir le chiffre d’affaires nécessaire, ajoutez vos frais professionnels, puis divisez le tout par le nombre de jours que vous pouvez réellement facturer dans l’année.
Combien de jours facturables compter dans l’année ?
Sur 365 jours, après les week-ends, jours fériés et congés, il reste environ 200 à 220 jours ouvrés. Comme une partie sert à la prospection et à l’administratif, on facture souvent entre 60 % et 80 % de ces jours. Mieux vaut retenir une estimation prudente.
TJM et salaire, c’est la même chose ?
Non. Un salaire net est ce que vous touchez après que l’employeur a payé cotisations, congés et frais. Le TJM, lui, doit financer tout cela lui-même : charges sociales, impôts, congés, périodes creuses et frais professionnels. Un TJM se situe donc bien au-dessus d’un « salaire journalier ».
Comment augmenter son TJM sans perdre ses clients ?
Le plus simple est d’appliquer un TJM plus élevé aux nouvelles missions, à mesure que votre expérience grandit. Pour les clients existants, annoncez la hausse à l’avance et justifiez-la par la valeur apportée. En négociation, préférez ajuster les conditions plutôt que de baisser votre tarif.
Votre TJM n’est pas qu’un chiffre sur un devis : c’est la traduction concrète de la valeur que vous accordez à votre travail.