Changer de travail pendant un arrêt maladie
vos droits
Chercher, démissionner, signer ailleurs : ce que vous pouvez faire, et la limite à ne pas franchir.
Pendant un arrêt maladie, vous pouvez préparer un changement de travail : chercher un emploi, passer des entretiens, démissionner ou négocier une rupture conventionnelle. Ce que vous ne pouvez pas faire, c’est commencer à travailler pour un autre employeur tout en percevant vos indemnités journalières.
- Préparer, oui : chercher, postuler, signer pour plus tard est permis.
- Travailler ailleurs, non : pas de cumul avec les indemnités journalières.
- Trois voies de sortie : démission, rupture conventionnelle, fin de contrat.
- La règle des dates : le nouveau poste commence après l’arrêt et la fin du contrat.
Changer de travail en arrêt maladie
la ligne à ne pas franchir
Pendant un arrêt maladie, votre contrat de travail est suspendu, mais pas rompu. Le lien de subordination avec votre employeur est mis en pause : vous n’avez plus à travailler pour lui, et lui n’a plus à vous rémunérer directement. En revanche, vous restez tenu à une obligation de loyauté, et surtout aux règles qui conditionnent le versement de vos indemnités journalières.
De cette situation découle une distinction simple, mais décisive. Vous avez le droit de préparer un changement de travail : chercher un poste, passer des entretiens, démissionner, négocier une rupture conventionnelle. Vous n’avez pas le droit d’exercer une activité professionnelle pour un autre employeur pendant que vous percevez ces indemnités. Préparer un départ, oui ; travailler ailleurs pendant l’arrêt, non. Tout le reste découle de cette ligne.
Chercher un emploi et passer des entretiens pendant l’arrêt
Rien ne vous interdit de chercher un autre emploi pendant votre arrêt. Postuler, répondre à une annonce, passer un entretien, suivre une formation : ces démarches sont possibles, à deux conditions. La première tient aux autorisations de sortie inscrites sur votre avis d’arrêt. Selon les cas, le médecin autorise des sorties libres ou impose des plages horaires pendant lesquelles vous devez rester chez vous, en vue d’un éventuel contrôle. Un entretien doit s’organiser en dehors de ces créneaux de présence obligatoire.
La seconde condition relève du bon sens et de la cohérence. L’arrêt reste un arrêt : vos démarches ne doivent pas aggraver votre état ni contredire le motif médical. Bonne nouvelle sur un point souvent redouté : vous n’avez aucune obligation d’informer votre employeur actuel de votre recherche. La discrétion est un droit.
Démissionner pendant un arrêt maladie
Vous pouvez démissionner à tout moment, y compris pendant un arrêt. Mieux vaut le faire par écrit, dans une lettre claire, pour dater sans ambiguïté votre décision. Deux points méritent attention. D’abord le préavis : en cas de maladie non professionnelle, il n’est en principe ni suspendu ni reporté. Il court donc, mais vous ne l’exécutez pas tant que vous êtes en arrêt, et l’employeur n’a pas à le rémunérer, sauf s’il vous en dispense.
Ensuite les conséquences. Vos indemnités journalières sont maintenues jusqu’à la fin du contrat, mais une démission ferme en principe la porte de l’assurance chômage, hors cas de démission considérée comme légitime. Avant de trancher, il est prudent de mesurer ce que vous perdez et de comparer avec les autres voies possibles.
La rupture conventionnelle, souvent la voie la plus souple
La rupture conventionnelle mérite d’être envisagée avant une démission sèche. La jurisprudence admet qu’elle puisse être signée pendant un arrêt maladie, qu’il soit d’origine professionnelle ou non, dès lors que le consentement des deux parties est libre et éclairé. Son intérêt est double : elle ouvre droit à une indemnité de rupture et à l’assurance chômage, et elle permet de fixer ensemble une date de départ, ce qui évite bien des flottements.
La procédure suit son cours habituel : un ou plusieurs entretiens, la signature d’une convention, un délai de rétractation, puis l’homologation par l’administration. Vos indemnités journalières continuent d’être versées jusqu’à la date de rupture retenue. Un point à garder en tête : l’employeur n’est jamais obligé d’accepter. La rupture conventionnelle se négocie, elle ne s’impose pas.
| Voie de sortie | Assurance chômage | Indemnité de départ | Souplesse sur la date |
|---|---|---|---|
| Démission | En principe non (sauf démission légitime) | Non | Vous décidez, mais le préavis est à gérer |
| Rupture conventionnelle | Oui | Oui, indemnité de rupture | Date négociée avec l’employeur |
| Fin de CDD ou de contrat | Oui | Selon le contrat (prime de précarité pour un CDD) | Fixée par le terme du contrat |
Prendre un nouveau poste
la question des dates et des indemnités
C’est le point le plus mal compris, et le plus risqué si on le néglige. Vous ne pouvez pas percevoir vos indemnités journalières et occuper un nouvel emploi en même temps. Votre nouveau poste doit donc commencer après la fin de votre arrêt et une fois votre contrat actuel réellement terminé ou rompu.
En pratique, cela revient à faire coïncider trois dates : la fin de l’arrêt, la fin du contrat en cours, et le début du nouvel emploi. Selon la durée de votre absence, une visite de reprise auprès de la médecine du travail peut être nécessaire avant de tourner la page. Attention au piège de la période d’essai : accepter de commencer un nouveau contrat, même à l’essai, pendant que vous êtes encore en arrêt et indemnisé, revient à travailler tout en touchant des indemnités auxquelles vous n’avez alors plus droit. Mieux vaut décaler la prise de poste que de créer cette situation.
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un conseil adapté à votre situation. En cas de doute sur vos droits, rapprochez-vous de votre CPAM, de la médecine du travail ou d’un avocat en droit du travail.
Les erreurs qui peuvent coûter cher
La plus grave est de travailler pour un autre employeur pendant l’arrêt. La sanction n’est pas théorique : la caisse peut réclamer le remboursement des indemnités versées à tort, et cette activité peut aussi être reprochée par votre employeur actuel. Deuxième erreur, plus discrète : sortir en dehors des horaires autorisés. Un contrôle qui ne vous trouve pas chez vous aux heures de présence obligatoire peut entraîner la suspension des indemnités.
Autre fausse bonne idée, l’abandon de poste pour « forcer » un départ ou un licenciement. Depuis 2023, un abandon de poste peut être considéré comme une démission présumée, ce qui prive du chômage. Enfin, ne dissimulez pas un arrêt lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle : son régime, notamment sur le préavis, n’est pas le même, et jouer avec ces règles se retourne vite contre le salarié.
À retenir avant de vous lancer
Changer de travail pendant un arrêt maladie est non seulement possible, mais parfois le bon moment pour le faire. La règle d’or tient en une phrase : vous pouvez tout préparer, mais vous ne commencez à travailler ailleurs qu’une fois l’arrêt et le contrat actuel derrière vous. Entre les deux, la rupture conventionnelle reste souvent la sortie la plus propre. En cas de doute sur votre cas précis, un échange avec la CPAM, la médecine du travail ou un avocat vaut mieux qu’une décision prise dans l’urgence.
Peut-on passer un entretien d’embauche pendant un arrêt maladie ?
Oui. Chercher un emploi, postuler et passer des entretiens est autorisé pendant un arrêt, à condition de respecter les horaires de présence obligatoire éventuellement fixés sur votre avis d’arrêt et de ne pas aggraver votre état. Vous n’avez pas à prévenir votre employeur actuel de cette recherche.
A-t-on le droit de démissionner en étant en arrêt maladie ?
Oui, la démission est possible à tout moment. Le préavis n’est en principe pas suspendu par une maladie non professionnelle. Attention toutefois : une démission ferme en général l’accès à l’assurance chômage. La rupture conventionnelle est souvent une option plus protectrice à étudier avant de démissionner.
Peut-on commencer un nouveau travail avant la fin de l’arrêt ?
Non. Vous ne pouvez pas cumuler un nouvel emploi avec vos indemnités journalières. Le nouveau poste, même en période d’essai, doit démarrer une fois l’arrêt terminé et votre contrat actuel rompu. Commencer plus tôt vous exposerait à devoir rembourser les indemnités perçues.
La rupture conventionnelle est-elle possible pendant un arrêt maladie ?
Oui. La jurisprudence l’admet, que l’arrêt soit d’origine professionnelle ou non, dès lors que le consentement reste libre. Elle permet de fixer une date de départ, ouvre droit à une indemnité et à l’assurance chômage. L’employeur n’est cependant jamais tenu de l’accepter.
Que risque-t-on à travailler ailleurs pendant son arrêt ?
Le risque principal est le remboursement des indemnités journalières perçues à tort, car celles-ci supposent que vous n’exercez aucune activité. S’y ajoutent d’éventuelles sanctions et un manquement à l’égard de votre employeur actuel. Une activité pour un tiers pendant l’arrêt n’est admise qu’avec une autorisation médicale expresse.
Un arrêt n’est pas une parenthèse figée : il laisse toute la place pour préparer la suite. À condition de ne franchir la porte du nouveau poste qu’au bon moment.