Technicien en blouse soudant une carte électronique verte maintenue par une pince, fer à souder fumant.
Entreprise · Création

Bourse French Tech

la subvention Bpifrance pour l’amorçage

Ni cotation ni placement : une aide non remboursable pour financer la phase où l’on vérifie qu’un projet innovant tient debout.

Réponse rapide

La Bourse French Tech n’a aucun rapport avec les marchés financiers : c’est une subvention versée par Bpifrance à des porteurs de projets innovants en phase d’amorçage, au sens d’une bourse d’études. L’argent n’est pas remboursable, sans intérêts ni entrée au capital, et couvre jusqu’à 70 % des dépenses éligibles retenues. Elle s’adresse aux jeunes entreprises de petite taille, y compris aux porteurs qui n’ont pas encore créé leur société.

  • Une subvention : rien à rembourser, aucune part de capital cédée.
  • Jusqu’à 70 % des dépenses éligibles, sur un budget prévisionnel que vous présentez.
  • Avant la création : un porteur sans société constituée peut candidater.
  • Validation obligatoire du caractère innovant par une structure labellisée.
  • Montants à vérifier : les plafonds publiés en ligne se contredisent, Bpifrance seul fait foi.

La Bourse French Tech n’a rien à voir avec la Bourse

Le mot induit en erreur, et il vaut mieux l’écarter tout de suite : il n’y a ici ni action, ni cotation, ni placement. Le terme est employé dans son sens ancien, celui d’une allocation versée à quelqu’un pour lui permettre de mener un projet — comme on parle d’une bourse d’études.

La Bourse French Tech est une aide publique attribuée par Bpifrance à des porteurs de projets innovants qui se situent tout au début de leur parcours, avant même souvent d’avoir un produit. Elle vise ce moment précis où il faut dépenser pour vérifier qu’une idée tient debout, alors qu’aucun revenu ne rentre et qu’aucun investisseur ne se déplace encore.

Une subvention, et ce que cela change

Ni prêt, ni entrée au capital

C’est le point le plus structurant, et beaucoup de porteurs de projet l’ignorent en arrivant. L’argent versé n’est pas remboursable. Il ne s’agit pas d’un prêt d’honneur, il n’y a pas d’intérêts, et Bpifrance n’entre pas au capital de la société en contrepartie. Le fondateur ne cède rien.

La conséquence est directe sur la stratégie de financement : cette aide ne dilue pas, ne s’inscrit pas au passif, et peut se cumuler avec d’autres dispositifs. Elle sert souvent à financer précisément la phase que les investisseurs privés refusent de couvrir, celle où il n’y a encore rien à montrer.

En échange, l’aide ne finance pas n’importe quoi. Elle est calculée sur un budget prévisionnel que vous présentez, et elle n’en couvre qu’une partie : le reste doit être financé par ailleurs. Le taux de prise en charge peut atteindre 70 % des dépenses éligibles retenues. C’est un plafond, pas un automatisme — le chargé d’affaires arbitre.

Pour cadrer les esprits, l’aide se compte en dizaines de milliers d’euros. Cet ordre de grandeur permet de savoir à quoi s’attendre — on ne finance pas une industrialisation avec ce dispositif — mais il ne remplace pas le plafond applicable à votre situation, sur lequel la dernière section revient.

Bourse French Tech et Bourse French Tech Emergence

Le dispositif n’est pas unique. Il existe une Bourse French Tech, et une déclinaison appelée Bourse French Tech Emergence, orientée vers les projets à forte composante technologique, ceux qui supposent des travaux de recherche plus lourds et un horizon de mise sur le marché plus lointain. Les deux ne visent ni les mêmes profils, ni les mêmes montants. Savoir lequel des deux correspond à votre projet est la première question à poser à votre interlocuteur régional.

Qui peut y prétendre

Le dispositif cible délibérément le tout début du parcours entrepreneurial. Quatre conditions structurent l’accès, sans que cette liste vaille énumération exhaustive et opposable.

Ancienneté

Une entreprise jeune

La société doit avoir été créée récemment, de l’ordre de moins d’un an d’existence. Le dispositif finance l’amorçage, pas le développement d’une activité installée.

Taille

Moins de cinquante salariés

L’effectif reste celui d’une petite structure. En pratique, les bénéficiaires sont très en deçà de ce seuil, souvent une équipe fondatrice de quelques personnes.

Innovation

Un caractère innovant validé

L’innovation ne s’apprécie pas sur déclaration : elle est validée par une structure d’accompagnement labellisée — incubateur, accélérateur, technopôle, structure du réseau French Tech.

Antériorité

Pas deux fois le même projet

Un porteur ayant déjà bénéficié du dispositif ne peut pas revenir au même guichet pour le même objet. L’aide se demande une fois par projet.

Un point mérite d’être souligné, parce qu’il débloque beaucoup de situations : il n’est pas nécessaire d’avoir créé sa société pour candidater. Un porteur de projet en phase de pré-création peut déposer une demande. C’est cohérent avec l’objet de l’aide, qui sert précisément à financer les travaux permettant de décider si l’entreprise mérite d’exister.

Attention en revanche à ne pas surinterpréter le rôle de la structure d’accompagnement : sa recommandation conditionne le dossier, elle ne décide pas de l’attribution.

Les dépenses réellement couvertes

L’assiette est plus large qu’on ne l’imagine, et c’est là que beaucoup de dossiers sont mal calibrés.

Les dépenses externes sont les plus évidentes : études de faisabilité, conception, prototypage, conseil juridique, frais liés à la protection de la propriété intellectuelle, formation technique de l’équipe. Ce sont des factures de tiers, faciles à justifier.

Les dépenses internes sont moins connues et souvent oubliées. Les salaires et charges des membres de l’équipe consacrés au projet entrent dans l’assiette, majorés d’un forfait couvrant les frais généraux, de l’ordre de 20 %. Pour une équipe fondatrice qui se rémunère peu mais travaille à plein temps sur la faisabilité, cette ligne change considérablement le montant retenu.

Ce que l’aide ne finance pas

Ni l’exploitation courante, ni les dépenses commerciales de conquête de marché, ni l’achat d’immobilisations lourdes. Le dispositif finance la levée d’un risque technique ou d’un doute de faisabilité, pas le lancement commercial ni le fonctionnement d’une activité déjà installée. Un budget prévisionnel qui confond les deux se fait retoquer.

Le parcours de candidature, étape par étape

La démarche ne consiste pas à remplir un formulaire en ligne pour recevoir une réponse automatique. Elle commence par un échange humain et se déroule en quatre temps.

  1. Contacter la direction régionale

    Le point de départ est un échange avec la direction régionale de Bpifrance dont vous dépendez. Il sert à qualifier le projet et à vous orienter vers le bon dispositif — ce qui évite de monter un dossier pour le mauvais guichet.

  2. Monter le dossier

    Il repose sur un business plan, un budget prévisionnel détaillant les dépenses pour lesquelles l’aide est sollicitée, et la recommandation de votre structure d’accompagnement. C’est la partie longue, et celle où l’accompagnement se révèle utile.

  3. L’instruction

    Un chargé d’affaires innovation examine le caractère innovant du projet, la cohérence du budget et la crédibilité de l’équipe. Il peut demander des compléments avant de se prononcer.

  4. La décision et le versement

    La décision de financement intervient à l’issue de l’instruction. Le versement suit les modalités fixées par la convention signée, qui peut prévoir un échelonnement plutôt qu’un règlement unique.

Sur les délais, prudence : l’instruction se compte en mois, avec des écarts importants selon la complexité du projet et la charge de la direction régionale. Aucun calendrier annoncé en ligne ne vaut engagement. Le seul conseil solide est de ne pas construire un plan de trésorerie sur l’hypothèse d’un versement rapide.

Pourquoi les montants annoncés en ligne se contredisent

Si vous avez consulté plusieurs pages sur le sujet, vous avez probablement lu plusieurs plafonds différents. Ce n’est pas une illusion.

La raison la plus fréquente tient aux deux déclinaisons du dispositif, dont les plafonds diffèrent : une page qui ne précise pas de laquelle elle parle affiche mécaniquement un chiffre faux pour une partie de ses lecteurs.

S’y ajoute le fait que ces barèmes sont révisés. Les montants et les critères des aides à l’innovation évoluent au fil des enveloppes budgétaires et des orientations de politique publique. Une page rédigée il y a trois ans et jamais mise à jour affiche un chiffre qui était exact à sa publication.

Enfin, une régularité s’observe sur les pages publiées par des acteurs qui proposent d’accompagner la demande : le montant maximal y figure en évidence, rarement assorti du cas type auquel il correspond.

Ce qu’il faut retenir pour votre budget

Le taux de prise en charge est l’information la plus stable et la plus exploitable : c’est sur lui que se construit un prévisionnel. Le plafond exact applicable à votre projet, lui, se vérifie auprès de Bpifrance et de l’interlocuteur de votre direction régionale.

Le réflexe utile n’est donc pas de chercher le bon chiffre en ligne, mais de décrocher le premier rendez-vous : c’est lui qui vous dira quel dispositif vous concerne et à quelle hauteur. Aucune page, celle-ci comprise, ne devrait servir de référence pour un montant.

La Bourse French Tech est-elle un placement financier ?

Non, et la confusion vient du seul mot « bourse », employé ici dans son sens ancien d’allocation versée pour mener à bien un projet, comme une bourse d’études. Il n’y a ni action, ni cotation, ni marché. C’est une aide publique attribuée par Bpifrance à des porteurs de projets innovants au tout début de leur parcours.

Faut-il rembourser la Bourse French Tech ?

Non. Il s’agit d’une subvention : l’argent versé n’est pas remboursable, il ne porte pas d’intérêts, et Bpifrance n’entre pas au capital de la société en contrepartie. Le fondateur ne cède aucune part. C’est ce qui distingue ce dispositif d’un prêt d’honneur ou d’un financement en fonds propres.

Faut-il avoir créé sa société pour candidater ?

Non, un porteur de projet en phase de pré-création peut déposer une demande. C’est cohérent avec l’objet de l’aide, qui sert justement à financer les travaux permettant de vérifier qu’un projet tient debout, donc à décider si l’entreprise mérite d’exister. Pour les sociétés déjà créées, le dispositif vise les structures jeunes et de petite taille.

Quelles dépenses la Bourse French Tech couvre-t-elle ?

Les dépenses externes d’abord : études de faisabilité, conception, prototypage, conseil juridique, protection de la propriété intellectuelle, formation technique. Les dépenses internes ensuite, souvent oubliées : les salaires et charges des membres de l’équipe affectés au projet, majorés d’un forfait de frais généraux. En revanche, l’exploitation courante, les dépenses commerciales et les immobilisations lourdes n’entrent pas dans l’assiette.

Faut-il obligatoirement passer par un incubateur ?

Le caractère innovant du projet doit être validé par une structure d’accompagnement labellisée — incubateur, accélérateur, technopôle ou structure du réseau French Tech. Cette validation n’est pas une formalité : elle forme le socle du dossier, même si elle ne décide pas à elle seule de l’attribution. Au-delà de l’exigence formelle, une structure qui connaît le dispositif sait ce qu’un chargé d’affaires attend de voir dans un budget prévisionnel.

Quelle différence avec la Bourse French Tech Emergence ?

La déclinaison Emergence vise les projets à plus forte composante technologique, supposant des travaux de recherche plus lourds et un horizon de mise sur le marché plus lointain. Les deux dispositifs ne s’adressent ni aux mêmes profils ni aux mêmes montants. Déterminer lequel correspond à votre projet est la première question à poser à votre direction régionale Bpifrance.

Combien de temps prend l’instruction du dossier ?

Elle se compte en mois, avec des écarts importants selon la complexité du projet et la charge de la direction régionale concernée. Aucun calendrier lu en ligne ne vaut engagement. Le conseil solide est de ne pas bâtir un plan de trésorerie sur l’hypothèse d’un versement rapide.

Un dispositif conçu pour la seule période où personne d’autre ne finance : celle où le projet n’est encore qu’une hypothèse à vérifier.