Création d’un compte France Travail
les deux parcours
Ouvrir un accès ou entrer dans un dispositif : la même requête recouvre deux démarches qui n’ont ni les mêmes exigences ni les mêmes conséquences.
Deux démarches distinctes se cachent derrière la création d’un compte France Travail : l’espace candidat, qui s’ouvre en quelques minutes sans justificatif et n’ouvre aucun droit, et l’inscription comme demandeur d’emploi, qui exige des pièces et débouche sur un entretien puis un contrat d’engagement. Les deux se lancent depuis francetravail.fr, gratuitement.
- Espace candidat : accessible à tous, salariés compris, pour consulter les offres et postuler.
- Inscription complète : pièce d’identité, numéro de sécurité sociale, IBAN et attestation employeur.
- Un seul compte : l’inscription se greffe sur l’espace existant, il n’y en a pas un second à créer.
- Gratuité totale : aucun site tiers n’a à facturer une démarche qui ne coûte rien.
Deux démarches derrière le même mot
Chercher à « créer » quelque chose chez France Travail recouvre deux opérations très différentes, et c’est la principale cause de démarches ratées.
La première consiste à ouvrir un espace personnel sur francetravail.fr. N’importe qui peut le faire, salarié en poste compris. Cet espace donne accès à la recherche d’offres, aux alertes par métier, au dépôt d’un CV, à la candidature en ligne et aux services d’orientation en ligne. Il n’ouvre aucun droit, il ne déclenche aucun suivi, personne ne vous convoquera.
La seconde est l’inscription comme demandeur d’emploi. Là, on ne crée pas seulement un accès : on entre dans un dispositif. Le dossier est instruit, un entretien est programmé, un contrat d’engagement est signé, et l’indemnisation éventuelle est examinée par l’assurance chômage. C’est une démarche administrative, avec des obligations à la clé — dont l’actualisation mensuelle.
La règle de tri est simple. Vous cherchez du travail sans être au chômage, ou vous voulez seulement consulter et postuler : l’espace candidat suffit. Vous venez de perdre un emploi, vous voulez être accompagné ou faire valoir des droits : c’est l’inscription complète qu’il vous faut. Les deux se lancent depuis le même site, mais pas par la même porte.
| Ce qui les distingue | Espace candidat | Inscription demandeur d’emploi |
|---|---|---|
| Qui peut le faire | Tout le monde, salariés inclus | Personne sans emploi ou en fin de contrat |
| Justificatifs | Aucun | Identité, sécurité sociale, IBAN, attestation employeur |
| Ce que ça déclenche | Rien : accès aux offres et aux candidatures | Entretien, contrat d’engagement, actualisation mensuelle |
Ouvrir un espace candidat sans être demandeur d’emploi
Le parcours est court. Sur francetravail.fr, l’entrée « connexion » demande de choisir entre l’espace candidat et l’espace recruteur ; côté candidat, la création de compte figure à côté du formulaire de connexion, avec un accès explicite aux services de recherche d’emploi pour les personnes qui ne sont pas inscrites.
Concrètement, on renseigne son état civil, on choisit un identifiant et un mot de passe, et c’est terminé. Aucun justificatif n’est demandé, aucun relevé d’identité bancaire, aucun rendez-vous n’est fixé. Le compte est actif immédiatement.
Cet espace permet de consulter et filtrer les offres, d’enregistrer des recherches, de recevoir des alertes, de déposer un CV visible par les recruteurs et de suivre ses candidatures. Il ne permet pas de percevoir une allocation, d’être suivi par un conseiller ni d’obtenir une attestation d’inscription. Pour cela, il faut passer à la démarche suivante — sans créer de second compte : l’inscription se greffe sur l’espace que vous possédez déjà.
Réunir les pièces avant d’ouvrir le formulaire
L’inscription comme demandeur d’emploi se fait en ligne, en une seule session si tout est prêt. C’est justement ce qui coince : beaucoup de dossiers sont abandonnés en cours de saisie parce qu’une information manque et qu’il faut se lever pour la chercher.
Les documents
Une pièce d’identité en cours de validité. Votre numéro de sécurité sociale — la carte Vitale suffit. Un relevé d’identité bancaire au format IBAN, au nom du demandeur. Et l’attestation employeur remise à la fin de votre dernier contrat de travail, celle que l’employeur transmet également à l’assurance chômage.
Les informations demandées
Votre situation familiale et le nombre de personnes à charge. Votre dernier emploi : intitulé, employeur, dates. Le motif exact de la fin de contrat, formulé comme sur l’attestation. Votre niveau de formation et le métier recherché. Ce sont ces éléments, plus que les documents, qui allongent la saisie quand on les cherche en cours de route.
S’inscrire comme demandeur d’emploi, étape par étape
Le parcours en ligne suit toujours le même ordre, et chacune des quatre étapes a son point de vigilance.
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Entrer par la bonne porte
Depuis la page d’accueil de francetravail.fr, le lien d’inscription et de réinscription mène au formulaire. Si vous avez déjà été inscrit par le passé, empruntez plutôt l’accès par l’espace personnel : le service retrouve votre historique et vous évite de tout ressaisir.
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S’identifier
Deux voies coexistent. FranceConnect vous authentifie avec des identifiants que vous possédez déjà — impôts, Assurance maladie, ANTS — et pré-remplit une partie de votre état civil. Sinon, vous créez des identifiants propres à France Travail. La première voie est plus rapide et limite les erreurs de saisie sur les données d’identité.
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Remplir le dossier
C’est la partie longue, et sa durée dépend surtout de ce que vous avez préparé. Un point mérite une attention particulière : la date de fin de contrat, qui doit correspondre exactement à celle de l’attestation employeur. Une erreur à cet endroit se répercute sur l’examen des droits. En cas d’imprévu, le dossier peut être enregistré en brouillon et repris peu après.
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Valider et attendre la convocation
Une fois le dossier envoyé, un entretien est programmé avec un conseiller. Le délai et le format — en agence ou par téléphone — varient selon les territoires : seule votre convocation fait foi. Conservez l’accusé d’enregistrement, c’est lui qui atteste de votre date d’inscription, celle qui compte pour vos droits.
Ce qui se passe après la validation du dossier
L’inscription n’est pas un point d’arrivée. Elle ouvre une séquence en trois temps.
L’entretien sert d’abord à faire le point sur votre parcours et à définir votre accompagnement. À l’issue de cette phase, vous signez un contrat d’engagement. Ce document a remplacé, pour toute personne nouvellement inscrite depuis le 1er janvier 2025, le projet personnalisé d’accès à l’emploi ainsi que les contrats équivalents utilisés dans les missions locales. Il fixe vos objectifs, le plan d’action convenu et les obligations réciproques. Les personnes inscrites avant cette date basculent progressivement vers ce nouveau cadre.
Vient ensuite l’actualisation. Chaque mois, vous déclarez votre situation : toujours en recherche, en activité, ou sorti du dispositif. Cette déclaration conditionne le maintien de l’inscription et, le cas échéant, le versement de l’allocation. L’oublier entraîne une cessation d’inscription, donc une réinscription à faire et une interruption de paiement.
La date qui compte pour l’examen de vos droits est celle de votre inscription, pas celle de votre entretien. C’est la raison pour laquelle il vaut mieux valider le dossier dès que les pièces sont réunies, quitte à corriger un détail ensuite avec le conseiller.
Les cas particuliers
RSA, ancien compte, côté employeur
Les allocataires du RSA n’ont plus rien à faire. Depuis janvier 2025, ils sont inscrits automatiquement à France Travail, ainsi que leur conjoint, concubin ou partenaire de PACS. L’inscription est obligatoire et ne demande aucune démarche ; elle n’a pas d’effet en elle-même sur le versement de l’allocation. Les jeunes accompagnés en mission locale ont été intégrés selon la même logique.
Les anciens inscrits à Pôle emploi, eux, conservent leur dossier. L’organisme a changé de nom au 1er janvier 2024, pas de base de données : votre historique, vos périodes d’inscription et vos droits antérieurs sont toujours là. Passez par la connexion à l’espace personnel plutôt que par une création de compte, sans quoi vous risquez de créer un doublon qu’il faudra ensuite faire fusionner.
Les employeurs disposent de leur propre porte d’entrée. L’espace recruteur permet de déposer une offre, de gérer les candidatures et de suivre les mises en relation ; il se crée depuis le site de recrutement de l’organisme, avec le numéro SIRET de l’entreprise. C’est un compte distinct du compte candidat : un dirigeant qui cherche aussi un emploi pour lui-même en aura deux.
Blocages fréquents et pièges à éviter
« Identité déjà connue » est le message le plus courant, et il signifie qu’un dossier existe à votre nom, souvent ancien. La solution n’est pas de recommencer une création avec une autre adresse électronique, mais de récupérer l’accès existant par la procédure de mot de passe oublié, ou d’appeler le service pour faire rattacher le dossier. Une adresse électronique déjà utilisée relève de la même logique. Quant au dossier laissé en brouillon, il n’est pas conservé indéfiniment : mieux vaut le reprendre dans les jours qui suivent plutôt que de découvrir qu’il faut tout ressaisir.
Le vrai piège est ailleurs. La création d’un compte et l’inscription sont entièrement gratuites, sur un site officiel dont l’adresse se termine par francetravail.fr ou gouv.fr. Des sites tiers proposent pourtant d’effectuer la démarche à votre place contre paiement, ou de vérifier votre éligibilité moyennant la saisie de vos coordonnées bancaires. Ils n’ont aucun lien avec l’organisme.
Vérifiez l’adresse affichée dans la barre du navigateur, et non le nom du site sur la page. Aucun courriel légitime ne vous demandera de « régulariser » un dossier en urgence via un lien intégré. Dans le doute, fermez le message et connectez-vous en tapant vous-même l’adresse du site.
Faut-il être au chômage pour créer un compte France Travail ?
Non. N’importe qui peut ouvrir un espace candidat sur francetravail.fr, y compris en étant salarié. Cet espace donne accès aux offres, aux alertes et au dépôt de CV, mais il n’ouvre aucun droit et ne déclenche aucun suivi. L’inscription comme demandeur d’emploi est une démarche distincte.
Quels documents faut-il pour s’inscrire comme demandeur d’emploi ?
Une pièce d’identité en cours de validité, votre numéro de sécurité sociale, un relevé d’identité bancaire au format IBAN et l’attestation employeur remise à la fin de votre dernier contrat. Il faut aussi pouvoir renseigner votre situation familiale, votre dernier emploi et la date exacte de fin de contrat.
La création d’un compte est-elle payante ?
Non, à aucun moment. La création d’un espace comme l’inscription sont gratuites sur le site officiel. Les plateformes qui proposent d’effectuer la démarche à votre place contre paiement, ou de vérifier votre éligibilité en échange de coordonnées bancaires, n’ont aucun lien avec l’organisme.
J’étais inscrit à Pôle emploi, dois-je tout recommencer ?
Non. Pôle emploi est devenu France Travail le 1er janvier 2024 : le nom a changé, pas les dossiers. Votre historique et vos droits antérieurs sont conservés. Connectez-vous à votre espace personnel existant plutôt que de créer un nouveau compte, sous peine de générer un doublon.
Qu’est-ce que le contrat d’engagement ?
C’est le document signé après l’entretien avec le conseiller. Il fixe les objectifs, le plan d’action et les obligations réciproques. Depuis le 1er janvier 2025, il remplace le projet personnalisé d’accès à l’emploi pour toute personne nouvellement inscrite, ainsi que les contrats équivalents des missions locales.
Les allocataires du RSA doivent-ils s’inscrire eux-mêmes ?
Non. Depuis janvier 2025, les allocataires du RSA sont inscrits automatiquement à France Travail, ainsi que leur conjoint, concubin ou partenaire de PACS. Aucune démarche n’est à effectuer, et cette inscription n’a pas d’effet en elle-même sur le versement de l’allocation.
Reste une question que le formulaire ne pose jamais : ce que vous attendez réellement de l’accompagnement. C’est elle qui donnera sa substance au premier entretien, bien plus que l’exactitude de la saisie.