Entreprise · Création

Simulation auto-entrepreneur

du chiffre d’affaires au revenu net

Comment lire une simulation de bout en bout, comprendre chaque prélèvement, et repérer ce que le chiffre final ne dit pas.

Calcul de revenus avec une calculatrice et des notes manuscrites, un ordinateur portable posé à côté
Réponse rapide

Le chiffre d’affaires n’est jamais le revenu. Une simulation auto-entrepreneur retire d’abord les cotisations sociales, puis l’impôt sur le revenu, pour révéler ce qui reste vraiment. En prestation de services, comptez environ 79 % du chiffre d’affaires avant impôt.

  • Cotisations sur le CA brut : 12,3 %, 21,2 % ou environ 24,6 % selon l’activité en 2025, sans déduire les dépenses.
  • Deux étages de prélèvement : les cotisations sociales d’abord, l’impôt sur le revenu ensuite.
  • Options décisives : l’ACRE la première année, le versement libératoire ou le barème, la CFE dès la deuxième année.
  • Un point de départ, pas une garantie : la simulation ignore vos charges réelles et votre protection sociale.

Ce qu’une simulation auto-entrepreneur calcule vraiment

Une simulation répond à une seule question concrète : sur ce que je facture, combien me restera-t-il une fois tout payé ? La confusion la plus fréquente, c’est de prendre le chiffre d’affaires pour un revenu. Ce n’est pas le cas. Le chiffre d’affaires, c’est l’argent qui entre. Le revenu, c’est ce qui reste après les prélèvements.

La chaîne de calcul tient en quatre maillons. On part du chiffre d’affaires encaissé. On retire les cotisations sociales, calculées en pourcentage direct du CA. On obtient un revenu net professionnel. Puis on retire l’impôt sur le revenu, qui dépend de votre foyer fiscal. Ce qui reste à la fin, c’est le revenu réellement disponible.

Un point qui surprend souvent : en micro-entreprise, les cotisations ne se calculent pas sur le bénéfice mais sur le chiffre d’affaires brut, sans déduction des dépenses. Si vous achetez du matériel ou payez des déplacements, ces dépenses ne réduisent pas vos cotisations. C’est la contrepartie de la simplicité du régime, et c’est le premier réglage qu’une bonne simulation doit rendre lisible.

Les chiffres qui font tourner le calcul en 2025

Trois familles de paramètres pilotent toute simulation : le taux de cotisations, les plafonds de chiffre d’affaires, et le mode d’imposition. Les valeurs ci-dessous sont celles de 2025 ; elles peuvent évoluer d’une année à l’autre, donc à revérifier sur le site de l’URSSAF avant de figer un budget.

Type d’activitéTaux de cotisations 2025Plafond de CA
Vente, hébergement, restauration12,3 % du CA188 700 €
Prestations de services (BIC)21,2 % du CA77 700 €
Activités libérales (régime général)environ 24,6 % du CA77 700 €

Versement libératoire

conditions et taux

Le versement libératoire de l’impôt permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, à un taux fixe : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les prestations de services BIC, 2,2 % pour les activités libérales. Il n’est ouvert que si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année reste sous un seuil, autour de 28 797 € par part fiscale. Intéressant quand on est déjà imposable, il fait perdre de l’argent quand on ne l’est pas, puisqu’on paie alors un impôt qu’on n’aurait pas dû.

Une simulation déroulée sur un exemple chiffré

Prenons un cas simple : une activité de prestation de services, avec un chiffre d’affaires visé de 3 000 € par mois, soit 36 000 € sur l’année. Le taux de cotisations applicable est de 21,2 %.

Premier maillon, les cotisations sociales : 36 000 × 21,2 %, soit 7 632 € sur l’année, environ 636 € par mois. Le revenu net professionnel avant impôt tombe donc à 28 368 €. Deuxième maillon, l’impôt. Avec le versement libératoire à 1,7 %, on ajoute 612 € sur l’année. Sans versement libératoire, l’impôt suit le barème classique, calculé sur le chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire de 50 % pour les services, soit 18 000 € de revenu imposable à intégrer au foyer.

Résultat lisible : sur 36 000 € facturés, il reste de l’ordre de 28 000 € avant impôt sur le revenu. Le passage de 100 % à 79 % vient des seules cotisations. C’est exactement ce qu’une simulation rend visible, et c’est souvent plus bas que ce qu’on imaginait en raisonnant en chiffre d’affaires.

Les options qui changent le résultat

Trois leviers déplacent nettement le chiffre final, et une simulation qui les ignore donne un résultat faux. Voici comment chacun agit.

Première année

L’ACRE

Cette aide à la création réduit les cotisations d’environ la moitié pendant les douze premiers mois, sous conditions. Le taux effectif de notre exemple descendrait autour de 10,6 % la première année. À ne jamais appliquer aux années suivantes.

Selon le foyer

Le mode d’imposition

Versement libératoire ou barème : un foyer non imposable garde le barème, un foyer déjà imposé peut gagner avec le versement libératoire. Une simulation sérieuse teste les deux et compare.

Dès la 2e année

La CFE

La cotisation foncière des entreprises n’est pas due l’année de création, puis s’applique selon votre commune, avec une base minimale. Les CA sous 5 000 € en sont exonérés. C’est un montant fixe, pas un pourcentage du CA.

Bien utiliser un simulateur sans se faire piéger

Les simulateurs en ligne, à commencer par celui de l’URSSAF, sont fiables à condition d’entrer les bons réglages. Une erreur de paramétrage fausse le résultat plus sûrement qu’une erreur de calcul. Voici l’ordre des vérifications.

  1. Indiquer la nature exacte de l’activité

    Vente, service ou libéral : ce choix commande le taux de cotisations. Une confusion entre service et vente fausse tout le reste.

  2. Activer l’ACRE seulement si vous y êtes éligible

    Et uniquement pour la première année. L’appliquer par défaut donne un revenu net trop optimiste pour les années suivantes.

  3. Choisir le mode d’imposition réel

    Versement libératoire ou barème, selon votre foyer véritable, pas un cas théorique. Testez les deux si vous hésitez.

  4. Vérifier la TVA et la périodicité

    Sous certains seuils vous facturez en franchise, sans TVA ; au-dessus vous la facturez et la reversez. La périodicité, mensuelle ou trimestrielle, ne change pas le total mais bien votre trésorerie.

À vérifier avant de s’engager

Les seuils de franchise en base de TVA évoluent régulièrement. Avant de bâtir un budget sur une hypothèse « sans TVA », confirmez le seuil applicable à votre activité sur impots.gouv.fr : franchir le seuil change votre facturation et votre relation client.

Ce qu’une simulation ne vous dira pas

Un simulateur calcule des prélèvements, pas une vie professionnelle. Il ne dit rien de la régularité de vos encaissements : 36 000 € sur l’année peuvent arriver en pics, avec des mois creux à gérer. Il ne déduit pas vos charges réelles, puisque le régime micro les ignore ; si votre activité demande beaucoup de matériel, votre vrai revenu disponible sera plus bas que le net affiché.

Il reste aussi muet sur la protection sociale. Les cotisations micro ouvrent des droits à la retraite plus faibles qu’un calcul classique, et le statut n’ouvre pas de droit à l’assurance chômage. Enfin, il fige un instant : un changement de taux, de plafond ou de seuil de TVA peut décaler le résultat l’année suivante. La simulation est un bon point de départ pour décider, pas une promesse de revenu.

Combien reste-t-il sur 1 000 € facturés en auto-entrepreneur ?

Cela dépend de l’activité. En prestation de services à 21,2 % de cotisations, il reste environ 788 € avant impôt. En vente à 12,3 %, environ 877 €. L’impôt sur le revenu se retire ensuite, selon votre foyer et votre mode d’imposition.

Une simulation prend-elle en compte l’impôt sur le revenu ?

Les bons simulateurs distinguent deux étages : les cotisations sociales, puis l’impôt. Pensez à indiquer votre choix entre versement libératoire et barème, car le résultat net change selon que votre foyer est imposable ou non.

Le versement libératoire est-il toujours avantageux ?

Non. Il fait gagner du temps et peut réduire l’impôt quand on est déjà imposable. Mais un foyer non imposable paie alors un impôt qu’il aurait évité au barème. Il faut comparer les deux dans sa situation réelle.

Les cotisations se calculent-elles sur mon bénéfice ?

Non, sur le chiffre d’affaires brut, sans déduire les dépenses. C’est la règle du régime micro. Si votre activité génère beaucoup de frais, votre revenu disponible réel sera plus bas que le net théorique de la simulation.

Faut-il intégrer la CFE dans une simulation ?

Oui, à partir de la deuxième année. La cotisation foncière des entreprises n’est pas due l’année de création, puis s’applique selon votre commune, avec une base minimale. Les chiffres d’affaires sous 5 000 € en sont exonérés.

Une simulation bien réglée ne promet pas un revenu : elle vous donne le bon ordre de grandeur pour décider, en sachant exactement ce que vous lui demandez de calculer et ce qu’elle laisse de côté.