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Date de création de YouTube

les quatre dates de 2005

Une question simple à laquelle quatre dates répondent correctement, et un rachat qui a compté davantage.

Smartphone posé à plat sur un plan de travail en bois, écran affichant le logo de YouTube.
Réponse rapide

Le nom de domaine youtube.com a été enregistré le 14 février 2005 : c’est la date de création généralement retenue. Trois autres dates de la même année comptent tout autant selon ce qu’on appelle « créer » — la première vidéo mise en ligne le 23 avril 2005, l’ouverture de la bêta au printemps et le lancement officiel en fin d’année. La bascule décisive intervient le 9 octobre 2006, quand Google annonce le rachat de la plateforme pour 1,65 milliard de dollars.

  • 14 février 2005 : enregistrement du nom de domaine, la date la mieux documentée.
  • 23 avril 2005 : mise en ligne de « Me at the zoo », première vidéo du service.
  • Trois fondateurs : Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, anciens de PayPal.
  • 9 octobre 2006 : Google annonce le rachat pour 1,65 milliard de dollars en actions.

Les quatre dates de naissance de YouTube

Le nom de domaine youtube.com est enregistré le 14 février 2005. C’est la date que retiennent la plupart des sources, et c’est celle qui répond le mieux à la question, parce qu’elle est datable au jour près et documentée par un acte administratif.

Le problème, c’est que ce jour-là, il n’existe rien d’autre qu’une adresse réservée. Pas de site, pas de vidéo, pas d’utilisateurs. Trois autres dates de la même année ont autant de légitimité à figurer sur l’acte de naissance, et elles expliquent pourquoi deux articles sérieux peuvent afficher deux réponses différentes sans que l’un des deux se trompe.

DateÉvénementCe qu’elle date
14 février 2005Enregistrement du nom de domaine youtube.comL’intention. Une adresse est réservée, rien n’existe encore.
23 avril 2005Mise en ligne de « Me at the zoo »La première trace publique d’un service qui fonctionne.
Printemps 2005Ouverture de la version bêtaL’accès réel du public, sur un produit encore inachevé.
Fin 2005Lancement officielLe moment que la société elle-même désigne comme son départ.

Retenir l’une ou l’autre revient à définir ce qu’on appelle créer : réserver une adresse, publier un premier contenu, ouvrir au public, ou annoncer. Aucune de ces réponses n’est fausse. La seule erreur consiste à donner une date sans dire à quel événement elle correspond, ce que fait l’essentiel des pages sur le sujet.

Trois anciens de PayPal et une idée mal documentée

Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim se sont connus chez PayPal, où ils travaillaient avant le rachat de la société par eBay en 2002. Hurley venait du design, les deux autres de l’ingénierie. Ce passage commun compte pour deux raisons : il leur a donné un réseau dans la Silicon Valley et, pour certains d’entre eux, les moyens financiers de consacrer plusieurs mois à un projet sans revenus.

Le récit de l’origine est plus fragile qu’il n’y paraît. La version la plus reprise raconte que l’idée serait née de la difficulté à partager des vidéos d’un dîner entre amis. Jawed Karim a lui-même relativisé cette anecdote par la suite, expliquant qu’elle tenait davantage du récit commode que du souvenir précis. Une autre version, plus prosaïque, situe le point de départ dans le constat qu’aucun service simple ne permettait alors de mettre une vidéo en ligne et de la partager par un lien.

Comment lire les sources

Ce qui est documenté, ce sont des actes : un domaine déposé, un site mis en ligne, une levée de fonds, un rachat. Ce qui relève du récit d’entreprise, ce sont les intentions reconstruites après coup, une fois le succès acquis. Les deux circulent avec la même assurance, et la seconde catégorie est presque toujours celle qui se retient.

Les premiers bureaux tiennent dans quelques pièces louées à San Mateo, en Californie. Le détail vaut pour l’échelle qu’il donne : une poignée de personnes, pas une entreprise structurée.

« Me at the zoo » et les premiers mois

La première vidéo mise en ligne, le 23 avril 2005, dure une vingtaine de secondes. Jawed Karim y apparaît devant l’enclos des éléphants du zoo de San Diego et commente la longueur de leurs trompes. Rien d’autre. Elle n’a jamais été retirée depuis, et son intérêt tient précisément à sa banalité : elle montre à quoi le service était destiné, c’est-à-dire à publier des séquences ordinaires que personne n’aurait songé à diffuser autrement.

Les premiers mois posent immédiatement le problème qui va structurer toute l’histoire de la plateforme. Héberger de la vidéo, la convertir dans un format lisible par tous, puis la diffuser à chaque visionnage coûte cher, et ce coût augmente exactement au rythme du succès. Un site de texte qui double son audience double une facture modeste ; pour de la vidéo, la facture était déjà lourde avant de doubler.

À cela s’ajoute une question laissée ouverte : une partie des contenus déposés par les utilisateurs ne leur appartenait pas. Extraits d’émissions, clips musicaux, séquences sportives. Le service a grandi avec ce contentieux latent, qui n’a rien d’un détail juridique de fin de parcours puisqu’il conditionnait la survie même de la société.

Une première levée de fonds auprès d’un investisseur en capital-risque finance les serveurs et la bande passante pendant que l’audience monte. Elle ne règle pas le fond : les revenus publicitaires d’alors restaient sans commune mesure avec des coûts qui progressaient à chaque nouvelle vidéo vue.

Octobre 2006

le rachat qui change la nature du service

Le 9 octobre 2006, Google annonce le rachat de YouTube pour 1,65 milliard de dollars, payés en actions. L’opération est finalisée à la fin de la même année. La société rachetée a moins de deux ans d’existence et ne dégage pas de bénéfices.

Le montant a fait débat à l’époque, et la lecture rétrospective est plus simple qu’elle ne l’était alors. Google ne rachetait pas des revenus, il rachetait une position : une audience installée, une habitude d’usage, et l’échec relatif de son propre service de vidéo. Le prix se justifiait par ce que coûtait l’alternative, c’est-à-dire tenter de rattraper une plateforme déjà dominante.

Pour le service, la bascule est réelle et immédiate sur trois plans. L’infrastructure d’abord : la question du coût de diffusion cesse d’être une menace existentielle. Le rapport de force avec les ayants droit ensuite : un adossement à Google change la nature des négociations comme des procédures, et ouvre la voie aux outils d’identification automatique des contenus protégés. Le modèle économique enfin : la régie publicitaire de Google fournit ce qu’une société indépendante mettait des années à construire.

La création de YouTube s’est faite en deux temps : le premier a produit un service, le second a produit l’infrastructure qui l’a rendu durable.

Ce que cette création apprend sur le lancement d’un service en ligne

Un service gratuit dont les coûts augmentent avec l’usage ne s’équilibre pas par la croissance. C’est même l’inverse : chaque nouvel utilisateur creuse l’écart tant que le revenu par utilisateur reste inférieur au coût de service. Cette configuration impose de lever des fonds, de vendre, ou de changer de modèle. YouTube a choisi la deuxième voie en moins de deux ans.

Une question juridique laissée ouverte au lancement ne disparaît pas avec le succès, elle grossit avec lui. Tant que l’audience est faible, personne ne conteste. Le contentieux arrive quand le service devient assez visible pour valoir la peine d’être attaqué, c’est-à-dire au pire moment.

Reste un point que l’histoire de 2005 rend visible : à ce stade, rien ne distinguait ce projet de la dizaine de services de partage vidéo lancés la même année. Ce qui a fait la différence ne se joue pas à la création, mais dans les dix-huit mois suivants, quand il a fallu financer la bande passante et négocier avec des ayants droit hostiles. La date de naissance n’explique jamais grand-chose ; ce qui vient juste après, beaucoup.

En quelle année YouTube a-t-il été créé ?

En 2005. Le nom de domaine youtube.com est enregistré le 14 février 2005, la première vidéo est mise en ligne le 23 avril de la même année, la version bêta ouvre au printemps et le lancement officiel intervient en fin d’année. Les quatre événements appartiennent à 2005, ce qui explique que l’année ne fasse jamais débat, contrairement au jour exact.

Qui a créé YouTube ?

Trois anciens employés de PayPal : Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim. Le premier venait du design, les deux autres de l’ingénierie. Leur passage commun chez PayPal, rachetée par eBay en 2002, leur a donné à la fois un réseau dans la Silicon Valley et la possibilité de consacrer plusieurs mois à un projet sans revenus.

Quelle est la première vidéo publiée sur YouTube ?

« Me at the zoo », mise en ligne le 23 avril 2005 par Jawed Karim. Elle dure une vingtaine de secondes et le montre devant l’enclos des éléphants du zoo de San Diego. Elle n’a jamais été retirée. Son intérêt tient à sa banalité même : elle illustre l’usage visé au départ, publier des séquences ordinaires que rien ne permettait alors de partager simplement.

Quand Google a-t-il racheté YouTube et pour quel montant ?

L’annonce date du 9 octobre 2006, pour 1,65 milliard de dollars payés en actions, l’opération étant finalisée à la fin de la même année. La société rachetée avait moins de deux ans et ne dégageait pas de bénéfices : Google achetait une position d’usage installée, pas des revenus.

Pourquoi les sources ne donnent-elles pas toutes la même date ?

Parce qu’elles ne datent pas le même événement. Réserver un nom de domaine, publier un premier contenu, ouvrir un service au public et annoncer un lancement officiel sont quatre actes distincts, étalés sur l’année 2005. Aucune de ces réponses n’est fausse ; l’erreur consiste à donner une date sans préciser ce qu’elle recouvre.

Où YouTube a-t-il été fondé ?

En Californie, dans la région de la baie de San Francisco. Les premiers bureaux étaient installés dans quelques pièces louées à San Mateo. Le détail situe l’échelle réelle du projet à ses débuts : une poignée de personnes, pas une entreprise structurée.

Vingt ans plus tard, la plupart des services lancés en même temps ont disparu sans laisser de date de naissance à discuter. C’est peut-être le seul privilège que confère la survie.